Sur la page précédente je me suis demandé s’il était possible d’envisager des quaternions à composantes complexes ?
L’analyse logique et des réponses pouvant être apportées à cette question a montré que de tels quaternions pouvaient parfois être des triplés de nombres complexes.
C’est la raison pour laquelle j'envisage de restreindre ici la discussion à des quaternions purement imaginaires ayant trois composantes dans C. Avec la convention adoptée jusque-là, ils s’écrivent :
Q = (0, < h, q >) ∈ ImH(C) q ∈ E(3, C) h : (i, j, k) ∈ Anticom(3, H)
1) Le carré de l’un quelconque des quaternions dans ImH(C) vaut moins une fois le produit scalaire du vecteur à composantes complexes q par lui-même :
∀ Q : Q2 = (- < q, q >, < h, 0 >) ∈ C
Ce carré n’est donc nul que si le vecteur q est isotropique (définition : voir E. Cartan).
2) Le produit de deux quaternions de ce type vaut :
∀ Q, Q’ : Q. Q’ = (- < q, q’ >, < h, q ∧ q’ >) ∈ H
Les propriétés intrinsèques des éléments d'ImH(C) permettent d'établir des liens avec le concept d'anticommutativité expliqué par ailleurs ; en effet:
∀ Q, Q’ :
{Q, Q’} = Q. Q’ + Q’. Q = 2. (- < q, q’ >, < h, 0 >) ∈ C
... et deux quaternions de ce type anti-commutent si leurs parties vectorielles sont orthogonales :
q ⊥ q’ ⇒ < q, q’ > = 0(C) ⇒ {Q, Q’} = 0 ⇒ Q, Q’ ∈ AnticomH
Par ailleurs le crochet liant deux éléments d'ImH(C) est encore un élément d'ImH(C) puisque :
[Q, Q’] = Q. Q’ - Q’. Q = 2. (0, < h, q ∧ q’ >) ∈ ImH(C)
Ce constat génère une question :
« Combien d’éléments y-a-t-il au maximum dans un ensemble de quaternions de ce type anti-commutant entre eux deux à deux ? »
Si leurs composantes étaient des réels, la réponse serait simple : trois. Les triades de vecteurs orthogonaux deux à deux font l’affaire.
{q, q’, q’’ ∈ E(3, R) ; q ⊥ q’, q’ ⊥ q’’, q’’ ⊥ q} ⇒ Q, Q’, Q’’ ∈ AnticomH
Il n’est pas a priori certain que cette réponse reste vraie lorsque ces quaternions ont des composantes complexes. C’est donc un sujet important à éclaircir.
Pour l’heure, ceci veut au minimum dire qu’il est plausible d’envisager des triplés {Q, Q’, Q’’} ∈ Anticom(3, H) lorsque q, q’, q’’ ∈ E(3, R). Ces considérations permettent donc d’envisager des champs électriques et magnétiques ayant trois composantes quaternioniques telles que :
a = 1, 2, 3:
Qa = (0, < h, qa >) ∈ ImH(R)
qa ∈ E(3, R)
q1 ⊥ q2, q2 ⊥ q3, q3 ⊥ q1
h : (i, j, k) ∈ Anticom(3, H)
Pour ces champs-là en particulier :
∑a (Qa)2 = - ∑a || qa ||2 ∈ R
Et :
Q1. Q2 + Q2. Q3 + Q3. Q1 = (0, < h, q1 ∧ q2 + q2 ∧ q3 + q3 ∧ q1 >) = (0, < h, q>) ∈ Im(H)
Parce que les trois vecteurs forment ici un trièdre orthogonal :
q = ∑a qa. qa ≠ 0
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