.... à destination des futurs chercheurs
« A quoi faut-il s’attendre et faire attention quand on souhaite faire de la recherche ? »
Il n’est pas un instant question qu’un ancien élève des classes préparatoires aux grandes écoles, devenu dentiste puis collaborateur d’un service de prévention se permette de prodiguer des conseils sur la recherche scientifique telle qu’elle se pratique aujourd’hui.
Mais il peut faire part de son expérience en tant qu’outsider ayant voulu, tard dans sa vie, remonter dans le train de la science.
La vie professionnelle, beaucoup le savent déjà n’est pas un long fleuve tranquille. Les jeunes générations le savent déjà puisqu’elles ont -comme on dit- à galérer fort et longtemps pour entrer dans la vie active.
Et non seulement il est difficile d’y entrer mais il est encore moins aisé de s’y maintenir. Les radios, les organismes professionnels de formation, les syndicats vous parlent de la nécessité de se former tout au long de la vie. Ce ne sont pas des mots en l’air et je peux en témoigner. Personne ne connait à vingt ans ce que les hasards de la vie et de la santé lui réservent.
Si j’ai repris l’étude de la physique mathématique et si je me suis lancé dans la construction de sites sur Internet, c’est bien parce que le destin a interrompu ma carrière de dentiste à quarante-six ans, en pleine fleur de l’âge. Un accident vasculaire-cérébral m’a forcé à revoir mon plan de vie. Ce type d’accident n’arrive pas qu’aux autres. Alors que faire quand le sort s’acharne sur vous ? Que faire pour rebondir dans cet univers impitoyable ?
Heureusement, en France, nous ne vivons pas dans le pire des mondes. Nous avons un système de sécurité sociale et des filets de secours existent. Mais l’assistance n’est que modeste, passagère et elle ne remplit pas la vie des satisfactions qu’on attend d’elle. Alors, il faut chercher en soi les ressources nécessaires à rebondir.
Pour ce qui me concerne, je les ai trouvées dans une remise à niveau d’une vieille passion pour la physique mathématique. Et comme j’ai eu la chance d’avoir à mes côtés des gens prêts à m’aider dans cette reconquête de moi-même, j’ai décidé, dès mai 2004, de partager ce parcours de vie avec les autres… au travers de sites Internet dont la vocation serait de diffuser un peu de cette passion personnelle autour de moi.
Ce fût un long parcours parsemé d’épreuves. Le résultat est là sous vos yeux. J’espère qu’il pourra vous aider un peu si vous choisissez le chemin de l’apprentissage des sciences. Bonne découverte et, merci de prendre un peu de temps à découvrir les contenus de ce site.
Contrairement à ce qui était encore possible au début des années deux-mille, il n’y aujourd’hui plus de place dans le monde officiel de la physique et des mathématiques pour les chercheurs amateurs. Ils doivent se contenter d’éditer à compte d’auteur ou sur des plateformes où leurs travaux ne seront pas vérifiés par des pairs.
La raison : ces disciplines sont destinées à servir de support à des applications concrètes et rémunératrices pour de nombreuses branches de l’industrie.
Mon premier conseil est donc évident et simple : l'appartenance à une institution reconnue (facultés des universités, écoles techniques, écoles formant des ingénieurs, laboratoires patentés, etc.) est aujourd'hui un préalable indispensable à toute démarche pour qui veut démarrer une carrière dans la recherche.
Il n’est donc pas possible d’accéder à cette carrière sans réaliser un parcours menant à la délivrance d’une compétence reconnue nationalement ou/et internationalement. L’absence d’un diplôme (licence, maîtrise, doctorat) est désormais éliminatoire. Par ailleurs, il faut désormais pouvoir justifier d’une expertise pour pouvoir ouvrir un compte sur les sites des revues scientifiques professionnelles et y faire paraitre ses travaux.
La recherche se fait en groupe, au sein d’une équipe. C'est un travail collectif coordonné qu’il n’est pas possible de réaliser seul sur le bord de sa table de cuisine.
Même les mathématiciens ont besoin d’avoir accès à une littérature abondante et donc à des lieux de savoirs où ils seront guidés par leurs maîtres.
Ce serait également avoir une vision démodée de croire que cette discipline ne débouche pas sur des applications concrètes essentielles dans bon nombre de domaines (industrie, bâtiment, sociologie, etc.). Elle comporte obligatoirement un volet expérimental.
Aujourd’hui, s’initier à et pratiquer cette discipline ne consiste plus à se cacher derrière une montagne de livres portant des hiéroglyphes incompréhensibles ou des formules à apprendre par cœur.
Faire des mathématiques, c’est apprendre à systématiser les liens que les objets ou les êtres peuvent entretenir entre eux. Cette aptitude passe donc d’abord par une observation attentive de ces objets et des êtres qui nous entourent. Il faut comprendre un peu la nature, la vie et les gens pour pouvoir se lancer.
Les mathématiques, après tout, ne sont qu’une forme sophistiquée et extrêmement condensée de langage ; un peu comme la musique. Elles sont l’art de symboliser ces liens et les règles qui les régissent. Elles sont, en cela, une forme d’abstraction difficile mais pas nécessairement inaccessible, pour peu qu’on y consacre un peu de temps.
Choisir son sujet seul, sur une intuition sortie d'on ne sait où : cela ne se fait pas, ou plus. A titre indicatif seulement, la liste des problèmes non résolus à ce jour (accessible sur Wikipédia-FR) peut donner un aperçu des sujets intéressants.
Le sujet étudié doit être dans la continuité d'une lignée de problèmes issus de démarches commencées dans le passé (parfois lointain) dont les dernières étapes restent à débroussailler ou à confirmer. Elles seront probablement le sujet de votre thèse et de futurs articles.
Vos pairs sont là pour guider ce choix.
Le parcours de formation étant fait, la vie ne s’arrête pas. L’aventure professionnelle commence.
Elle contient une application d’un principe assez simple que résument bien ces mots : « Savoir, savoir-faire et faire savoir ».
Autrement dit, il va certainement parfois publier le fruit des travaux accomplis. Les articles présentés aux journaux doivent avoir le niveau technique ad hoc et les formalismes souhaités.
Une manière simple d’acquérir les réflexes nécessaires tout en poursuivant sa recherche consiste à simplement lire un maximum d’articles, de cours et d’ouvrages sur les sujets retenus ou étudiés. Ainsi, tout en apprenant, l’œil attentif retiendra les tournures de style et la structure générale des articles.
Outre les techniques de rédaction qui pourront être acquises au cours des études, les journaux dans lesquels il est décidé de faire paraître les résultats des recherches imposent eux-aussi des normes précises qu’il convient de respecter (Elles sont généralement indiquées dans l’ensemble des instructions destinées aux auteurs).
Comme les articles sont écrits dans votre langue maternelle mais, et aussi en anglais/américain, il est certes recommandé d’entretenir la langue de Molière mais aussi d’apprendre la langue de Shakespeare.
Concernant celle-ci, il est également possible de s’équiper de programmes de correction en ligne ou, désormais, de programmes automatisés de traduction (un effet secondaire du développement de l’intelligence artificielle).
Il se peut que vous commenciez ce parcours professionnel parce que les sciences contemporaines vous captivent.
Chacun reste évidemment responsable de ses choix et de ses actes et prodiguer des conseils ou des leçons de morale ne se fait plus trop.
Néanmoins, il convient sans doute de ne pas avancer sur le chemin choisi en étant aveuglé par une passion naïve.
La recherche fondamentale n’est pas une partie facile, et rarement une partie de plaisir.
Comme toute activité humaine, elle se déroule dans un certain contexte politique et social dont il convient absolument de tenir compte. Et ce contexte varie d’un pays à l’autre ; parfois aussi au cours du temps.
Sans doute sera-t-il aussi important de ne pas vous perdre dans les mathématiques et de toujours garder un œil ouvert sur l’environnement global de votre future profession pour mener à bien votre dessein.
Bonne chance !
© Thierry PERIAT, le 27 juillet 2026.
Ce texte est une actualisation d’une réflexion datant de juillet 2019.