11/09/2026
Les spéculations
Certains cerveaux hyperactifs, féconds ou curieux, ne peuvent s’empêcher d’élaborer mille théories sur la manière dont le monde et les sociétés fonctionnent. Ils imaginent, élucubrent et spéculent sur le comment et sur le pourquoi des choses et des gens.
Malheureusement pour eux, les spéculateurs ont mauvaise presse et une réputation discutable ; que ce soit dans le monde financier ou dans l’univers rationnel des scientifiques.
Dans le premier cas, on les accuse de jouer sans règle ni retenue avec l’argent des particuliers, des entreprises, des banques, voire parfois même des états, en confondant les marchés avec un casino géant. C’est la raison pour laquelle on leur attribue quelques grands cracks boursiers et toute sorte de calamités expliquant peu ou prou les malheurs de la société occidentale actuelle.
Dans le second cas, on les accuse au mieux de perdre leur temps quand ils sont des amateurs passionnés ; au pire de perdre l’argent des contribuables ou des investisseurs privés quand ce sont des professionnels payés.
Ils font naître dans la tête de nos contemporains une question d’ordre général : « Sont-ils utiles ? Participent-ils à l’évolution ? Si oui : comment, dans quelle mesure, etc. ?» Je me suis intéressé à ce sujet lors dans un des billets des semaines passées.
Comprendre les méandres de la psyché
Je n’ai pas souvent de doute sur l’utilité de ma recherche ; pour commencer et tout simplement parce qu’elle me procure un certain nombre de plaisirs.
Tout d’abord celui de me poser quelque part au calme et de pouvoir méditer sur la nature de la nature ; c’est l’aspect égoïste et égocentrique de cette activité.
Ensuite celui de pouvoir diffuser à peu près librement le fruit de mes réflexions et certains de mes calculs moyennant le respect de certaines règles évidentes de bon sens ; c’est le versant altruiste de la chose.
« Cette diffusion sert-elle à me donner bonne conscience ? » Je ne peux être bon juge de moi-même ! « Les contenus diffusés ont-ils effectivement une utilité pour mes contemporains ?» C’est à eux de me le dire !
La recherche théorique trouve ses racines dans la psyché et donc dans l’histoire de l’individu qui la mène. Tôt ou tard, elles l’obligent à s’interroger sur les motivations de la quête poursuivie. Les interroger aide à mieux se connaître soi-même et finalement à savoir si on peut et veut vraiment persévérer.
En ce sens, la physique théorique est un des beaux mais difficiles chemins vers la connaissance de soi. Ce n’est qu’après avoir vidé sa quête des débris inutiles de sa psyché qu’on la comprend bien. Une procédure que les alchimistes du moyen-âge décrivait au travers d’un mot codé décapant « v.i.t.r.i.o.l ».
En effet, après avoir rencontré son image dans le miroir, il arrive qu’on réalise que la démarche n’avait pour but que de comprendre son passé ou de le fuir... et non pas de faire de la recherche selon les recommandations usuelles.
La naissance d’un sujet mathématique
Mon intérêt pour la notion de division trouve par exemple son origine dans les multiples divorces dont mon histoire familiale souffre, dans les innombrables sortes de disputes sociétales, ainsi que dans un attrait certain pour quelques phénomènes biologiques naturels au rang desquels je citerai les mitoses (les divisions cellulaires), la parthénogénèse, etc.
Par des chemins tortueux dont il peut être difficile de retrouver les tracés, la psyché sublime le réel. Elle construit une abstraction des tracas qui la traversent et il en naît parfois un sujet d’étude mathématique. Sur ce site, il s’agit de la « Théorie de la Question (E) », c’est-à-dire celle des produits tensoriels déformés puis décomposés (synonyme : divisés).
© Thierry PERIAT