La maison d'Hades

Perdus entre deux infinis

Quelles sont les échelles de la physique ?

 Notre vie s’échelonne entre l’infiniment petit et l’infiniment grand ; Pascal en son temps l’avait déjà remarqué. C’est vrai à deux titres au moins.

 

Tout d’abord parce que notre taille se situe de facto entre celle des gluons et celle des amas galactiques. Ensuite parce que nous sommes nous-mêmes constitués de vide interatomique que presque rien ne distingue du vide interstellaire.

 

Nous vivons entre deux infinis qui sont tout à la fois en dehors et en dedans de nous. Mieux que Gulliver et tel un anneau de Moebius -dont chacun croit qu’il a deux bords alors que l’observation attentive révèle qu’il en a un seul- notre modeste entité est moins éloignée des deux infinis qu’elle ne le croit et nous ne faisons avec eux finalement qu’un. 

 

Que sommes-nous ?

Ce qui nous constitue c’est un code génétique. Son interaction avec le milieu environnant dans le respect des règles physiques habituelles fixe indirectement les limites topologiques des mouvements des molécules dont nous sommes bâtis. Nous avons une forme, tout a une forme, c’est certain, et le code détermine les constituants ainsi que la logique de leur assemblage – il semble spécifique à chaque espèce. Mais le code connaît-il quelque chose sur les forces de van der Valls que la mise en œuvre de son programme met en jeu ?

 

Il reste étonnant de constater que quelques molécules d’ADN arrivent à organiser des galaxies de molécules en un tout à peu près ordonné capable de survivre aussi longtemps que l‘ordre sous-jacent persiste. Les multitudes cellulaires apparemment éparses s’organisent en corde neuronale, tube digestif, membres, etc. et finissent par donner naissance à un être vivant. Chaque vie est le fruit d’une géniale ingénierie, l’accomplissement du génie biologique dont les robots actuels restent de pâles et tristes copies.

 

Y-a-t-il un ordre cosmique ?

Certes il n’est pas vraiment raisonnable de vouloir comparer la mitose cellulaire avec l’agrégation gravitationnelle des poussières célestes. Pour autant : quelque soit le scénario exact de la création des étoiles, des planètes et des galaxies, il semble intellectuellement honnête de continuer à s’interroger sur les raisons présidant à l’existence des réseaux intergalactiques. Plus généralement et plus philosophiquement, il demeure passionnant de vouloir découvrir les lois régissant les équilibres subtils de ce qui semble être un gigantesque chaos mais nous livre depuis peu les traces d’une toile cosmique ordonnée.

 

© Thierry PERIAT, le 28 août 2026.

 

Iconographie

Image en rayon X d’un embryon (collection personnelle).


Image d’une plante sèchée dont la structure mime celle de l'ordonnancement cosmique filamentaire.


Image d’un stade de la simulation dite du « Millenium » ; Max Planck Institute, mai 2005 [en ligne, consulté le 28 août 2026] https://wwwmpa.mpagarching.mpg.de/galform/presse/ 

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